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 Les grands noms du camembert en Normandie III (Lepetit à Réaux)

Etiquettes de grandes marques

Si le camembert est devenu un emblème national il le doit curieusement à une poignée d'hommes et de femmes entreprenants, qui ont su constituer de vastes "empires" fromagers et se lancer à la conquête de nouveaux marchés, d'abord nationaux puis internationaux. C'est ces quelques hommes et les marques qu'ils représentent qui ont entraîné toute l'industrie laitière normande dans leurs sillages vers une reconnaissance mondiale.

Nous allons ici retracer le destin de quelques marques parmi les plus connues ou les plus représentatives du genre. Pour diverses raisons, les marques citées sont souvent précédées du terme "maison", c'est juste une convention qui permet d'éviter de nous égarer dans les diverses raisons sociales qu'elles ont pu avoir au cours du temps. Cela permet surtout de mettre en relief le fait que ces sociétés aient souvent été des aventures humaines (personnelles ou familiales) et que les grandes réussites doivent beaucoup à quelques personnalités. Belles histoires qui finissent parfois tristement à cause des faiblesses de cette même organisation...

Paynel | Lepetit | Réaux

 

Maison Lepetit : la référence historique

 

La maison Lepetit est sans doute celle qui a été le plus longtemps une des références dans son domaine, entre autre grâce à ses nombreuses particularités: son sens de l'innovation, la qualité des ses fromages, sa puissance et son patrimoine agricole.

La maison Lepetit tire son nom des ses fondateurs Auguste et Léontine Lepetit. Vers 1860, Auguste Lepetit est négociant de produits agricoles dans le pays d'Auge, il fait le commerce de beurre mais aussi de volailles et d'oeufs. Son orientation vers le fromage, il la doit en partie à son mariage en 1872 avec Léontine Brée, qui est issue d'une famille de producteurs de beurre.

Dès cette année, il fonde une première laiterie, qui est spécialisée dans la production de beurre à Saint-Pierre-sur-Dives. Les affaires se développent rapidement et ils sont bientôt obligés d'ouvrir un deuxième centre de production. Les Lepetit montrent très tôt un esprit d'entreprise peu commun puisqu'ils ouvrent assez rapidement une succursale à Londres pour vendre leurs produits et jouer la carte de l'exportation. Qui plus est, ils sont des entrepreneurs innovants puisqu'ils développent de nombreux systèmes ayant pour améliorer leur production ou le transport de leurs produits (système de sertissage pour le beurre etc.).

Peu à peu, les Lepetit qui sont déjà producteurs de beurre, de volailles et d'oeufs pensent à se diversifier vers le fromage qui paraît être le marché le plus lucratif à l'époque. Si la réputation des Lepetit s'est construite sur le camembert, à l'époque le choix ne fut pas si facile et ils produisirent du camembert, du Livarot, et même du Gouda avant de s'arrêter définitivement sur le camembert, aidés en cela par un de leurs voisins, lui-même producteur, monsieur Serey. Une nouvelle usine est construite dans le domaine de Saint-Maclou à Sainte-Marie aux anglais. En 1890, ce centre de production ultra moderne pour l'époque devient le fer de lance de la marque et produira bientôt 3000 camemberts par jour et quelques pont-l'évèques.

10 ans plus tard les chiffres auront déjà plus que doublé et c'est dans cette euphorie qu'est fondée la société "Auguste Lepetit et fils". En 1908, la croissance continue avec le rachat d'une filature de Falaise qui est rapidement aménagée en fromagerie. En 1909, lorsque Auguste Lepetit s'éteint la société est déjà une des plus importantes sociétés normandes de production de camembert, mais c'est aussi une des plus grandes exploitations agricoles de Normandie qui produit oeufs, volailles, cochons et qui possède quelques-unes des plus belles vaches normandes (qui sont fièrement représentées sur les étiquettes de la marque). La société est alors mise sous la responsabilité des deux fils d'Auguste Lepetit; Henri qui se charge de Saint-Maclou et Joseph à la tête de Breteville-sur-Dives.

Pendant la première guerre mondiale, Joseph est envoyé au front dont il reviendra gazé et gravement handicapé. Pendant ce temps, Henri qui est mobilisé dans la région va, aidé de sa mère, maintenir à flot l'entreprise familiale.

A la fin du conflit, c'est Henri qui reprend largement en main l'activité de la société. Il renforce la situation de la société dans son fief du pays d'Auge et se lance même à la conquête de la Bretagne (expérience qui sera moins heureuse cependant).

En 1929, Léontine Lepetit s'éteint et la société qu'elle a contribué à bâtir et à fortifier est l'une des toutes premières de Normandie. Si la marque continue à prospérer elle connaîtra encore de nombreux tourments, notamment le décès d'Henri Lepetit qui la prive en 1937 d'un dirigeant d'exception. Ensuite viendra la seconde guerre mondiale et des difficultés de la production laitière dans un pays en guerre.

En 1948, la maison Lepetit se relève et prend de nouvelles couleurs en devenant une SARL née de la fusion des sociétés de Joseph et d'Henri. Très vite, elle va reprendre une politique d'expansion faite de rachat et de prise de participation. Ainsi en 1950, elle rachète la fromagerie Baudoin à Héritot, avec cette acquisition, la production atteindra quelques années plus tard les 60000 camemberts par jour. La société Lepetit prend aussi des participations dans les laiteries Cailly, le Rouvray et Martin Frères.

En 1976, le groupe Besnier (devenu Lactalis) prendra le contrôle de la société.

En 2008 suite au lancement du camembert au lait thermisé, et malgré les procédures lancées par Lactalis, le camembert Lepetit sort fort logiquement de l'appelation AOC.

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Les Paynel : Héritiers et précurseurs

 

Si on attribue à Marie Harel, le titre de créatrice du camembert, elle le doit pour beaucoup à l'action de ses héritiers, qui ont été les premiers à faire la promotion de ce nouveau produit et surtout à se servir de son histoire pour revendiquer l'originalité et la qualité de ce produit.

Le premier Paynel à inscrire son nom dans la légende du camembert est Thomas Paynel qui épouse Marie, la fille de notre Marie Harel. Leurs fils Victor, Cyrille et Philippe se feront un nom dans le camembert, et une de leurs filles Marie-Julie épousera Louis Lebret lui aussi producteur... Bref c'est toute la descendance proche de Marie Harel qui s'illustrera dans le camembert tant dans sa production que dans sa promotion.

Thomas Paynel est sans doute le premier producteur connu et reconnu, c'est aussi le premier à croire dans ce produit, à le diffuser et à le vendre hors de sa région de production. C'est ainsi lui qui introduit le camembert à Caen en 1813 qui lui vaudra le titre de " citadin " d'honneur de la ville de Caen. Mais c'est surtout ses fils Victor et Cyrille qui seront les premiers à faire du camembert une "industrie" à part entière. Dès 1859, les deux frères, chacun à la tête d'une exploitation (Victor à Champosoult et Coupesarte et Cyrille au Mesnil-Mauger ), produisent chacun 4000 camemberts par jour.

En 1863, c'est Victor Paynel qui présente du camembert à Napoléon III lors de l'inauguration de la gare de Surdon. Succès qui lui vaudra de devenir fournisseur officiel de l'empereur et sera important dans la reconnaissance du camembert. Deux ans plus tard, sa production est passée à 6000 camemberts par jour et il s'implante à Paris où il charge un représentant de vendre ses produits. Il voit encore plus loin et cherche à s'imposer en vendant des camemberts notamment à Lille.

Cyrille pour sa part conquiert peu à peu une réputation flatteuse de chef d'entreprise efficace mais aussi de précurseur puisqu'il met au point de nombreux dispositifs visant à améliorer sa production (et pas uniquement celle du camembert). En 1874, il concourt pour la prime d'honneur avec ses camemberts, et son exploitation exploite le lait de 8 fermes soit une surface de 200 hectares, énorme à l'époque. En 1879, il produit jusqu'à 150000 camemberts ce qui fait de lui le leader du marché.

C'est aussi à cette époque que les premiers concurrents se manifestent et commencent à produire des fromages " fašon camembert ". Les deux frères seront les premiers à revendiquer l'originalité et l'authenticité de la production, bref un savoir-faire "hérité" de Marie Harel... Ce seront donc aussi des précurseurs dans le domaine du marketing, jouant sur la carte de l'authenticité.

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Maison Réaux :

 

Théodore Réaux fait ses premières armes dans le monde du fromage en participant à la gestion de la laiterie de monsieur Gredig, son beau-frère, à Quinéville. En 1931, il décide cependant de tenter l'aventure en solitaire en fondant à Lessay la laiterie du Val d'Ay.

Il décide de fonder une laiterie moderne pour l'époque en mettant en oeuvre les dernières technologies à sa disposition et en axant très tôt sa production sur le camembert. Elle démarre assez rapidement en produisant un millier de camemberts pour une vingtaine d'employés.

Très vite, il se fait remarquer tant par la qualité de sa gestion que par celle de ces produits qui obtiennent plusieurs prix dans l'entre-deux guerres.

En 1938, c'est Théodore Réaux qui a déjà bien réussi qui va convaincre monsieur Gillot de se lancer à son tour dans la production de camembert à Saint-Hilaire de Briouze. Depuis les années 1980, Réaux insiste sur la qualité de ses produits et notamment sur son produit phare le Gaslonde. Il obtient ainsi en 1983, l'AOC pour sa production.

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