Lepetit

Maison Lepetit : la référence historique

 

La maison Lepetit est sans doute celle qui a été le plus longtemps une des références dans son domaine, entre autre grâce à ses nombreuses particularités: son sens de l'innovation, la qualité des ses fromages, sa puissance et son patrimoine agricole.

La maison Lepetit tire son nom des ses fondateurs Auguste et Léontine Lepetit. Vers 1860, Auguste Lepetit est négociant de produits agricoles dans le pays d'Auge, il fait le commerce de beurre mais aussi de volailles et d'oeufs. Son orientation vers le fromage, il la doit en partie à son mariage en 1872 avec Léontine Brée, qui est issue d'une famille de producteurs de beurre.

Dès cette année, il fonde une première laiterie, qui est spécialisée dans la production de beurre à Saint-Pierre-sur-Dives. Les affaires se développent rapidement et ils sont bientôt obligés d'ouvrir un deuxième centre de production. Les Lepetit montrent très tôt un esprit d'entreprise peu commun puisqu'ils ouvrent assez rapidement une succursale à Londres pour vendre leurs produits et jouer la carte de l'exportation. Qui plus est, ils sont des entrepreneurs innovants puisqu'ils développent de nombreux systèmes ayant pour améliorer leur production ou le transport de leurs produits (système de sertissage pour le beurre etc.).

Étiquette de camembert Lepetit - Le supérieur
Étiquette de camembert Lepetit - Le supérieur.

 

Peu à peu, les Lepetit qui sont déjà producteurs de beurre, de volailles et d'oeufs pensent à se diversifier vers le fromage qui paraît être le marché le plus lucratif à l'époque. Si la réputation des Lepetit s'est construite sur le camembert, à l'époque le choix ne fut pas si facile et ils produisirent du camembert, du Livarot, et même du Gouda avant de s'arrêter définitivement sur le camembert, aidés en cela par un de leurs voisins, lui-même producteur, monsieur Serey. Une nouvelle usine est construite dans le domaine de Saint-Maclou à Sainte-Marie aux anglais. En 1890, ce centre de production ultra moderne pour l'époque devient le fer de lance de la marque et produira bientôt 3000 camemberts par jour et quelques pont-l'évèques.

10 ans plus tard les chiffres auront déjà plus que doublé et c'est dans cette euphorie qu'est fondée la société "Auguste Lepetit et fils". En 1908, la croissance continue avec le rachat d'une filature de Falaise qui est rapidement aménagée en fromagerie. En 1909, lorsque Auguste Lepetit s'éteint la société est déjà une des plus importantes sociétés normandes de production de camembert, mais c'est aussi une des plus grandes exploitations agricoles de Normandie qui produit oeufs, volailles, cochons et qui possède quelques-unes des plus belles vaches normandes (qui sont fièrement représentées sur les étiquettes de la marque). La société est alors mise sous la responsabilité des deux fils d'Auguste Lepetit; Henri qui se charge de Saint-Maclou et Joseph à la tête de Breteville-sur-Dives.

Pendant la première guerre mondiale, Joseph est envoyé au front dont il reviendra gazé et gravement handicapé. Pendant ce temps, Henri qui est mobilisé dans la région va, aidé de sa mère, maintenir à flot l'entreprise familiale.

A la fin du conflit, c'est Henri qui reprend largement en main l'activité de la société. Il renforce la situation de la société dans son fief du pays d'Auge et se lance même à la conquête de la Bretagne (expérience qui sera moins heureuse cependant).

En 1929, Léontine Lepetit s'éteint et la société qu'elle a contribué à bâtir et à fortifier est l'une des toutes premières de Normandie. Si la marque continue à prospérer elle connaîtra encore de nombreux tourments, notamment le décès d'Henri Lepetit qui la prive en 1937 d'un dirigeant d'exception. Ensuite viendra la seconde guerre mondiale et des difficultés de la production laitière dans un pays en guerre.

En 1948, la maison Lepetit se relève et prend de nouvelles couleurs en devenant une SARL née de la fusion des sociétés de Joseph et d'Henri. Très vite, elle va reprendre une politique d'expansion faite de rachat et de prise de participation. Ainsi en 1950, elle rachète la fromagerie Baudoin à Héritot, avec cette acquisition, la production atteindra quelques années plus tard les 60000 camemberts par jour. La société Lepetit prend aussi des participations dans les laiteries Cailly, le Rouvray et Martin Frères.

En 1976, le groupe Besnier (devenu Lactalis) prendra le contrôle de la société.

En 2008 suite au lancement du camembert au lait thermisé, et malgré les procédures lancées par Lactalis, le camembert Lepetit sort fort logiquement de l'appelation AOC.

 

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